A PROPOS DE L’ARTISTE

Née dans un village des Andes colombiennes, Berta est diplômée de l’École des beaux-arts de l’université nationale de Colombie, à Bogotá, où elle a travaillé et exposé avec plusieurs collectifs d’artistes dans les années 1990, tout en étant professeure d’arts plastiques dans un établissement d’enseignement secondaire.

Depuis 2000, elle vit et travaille dans le sud-ouest de la France, en Ariège. Au cœur de sa pratique artistique, essentiellement orientée vers la photographie, des notions telles que l’utilisation raisonnée des ressources, la biodégradabilité et le respect du vivant se consolident comme des éléments déterminants dans le processus créatif.

Aujourd’hui, elle explore non seulement des procédés photographiques anciens, tels que le cyanotype, l’anthotype et le tirage à la chlorophylle, qu’elle qualifie d’humbles car ils ne requièrent pas de grands moyens techniques et sont respectueux de l’environnement, mais aussi des supports photographiques non conventionnels, comme le carton recyclé ou des matières organiques telles que la cellulose bactérienne.

Comment donner un corps à la photographie, un terrain où le temps, la matière et parfois même la vie se rencontrent pour transcender l’image ? Telle est la question qui traverse ses recherches, après une résidence au Basque BioDesign Center de Bilbao en début d’année.

Exposition Dans les bleues lumières Berta Ibanez

A PROPOS DE L’EXPOSITION

«  Il est question d’arbres et d’oiseaux, mais je ne suis pas pour autant photographe animalier. Je suis simplement quelqu’un qui, fascinée, regarde et cherche à devenir une meilleure observatrice. Cette fascination est née il y a quelques années, lorsque, malade, je devais passer des journées entières alitée. La fenêtre de ma chambre donnait sur le grand jardin de Madame Marais. Avec ses arbres fruitiers, ses fleurs et sa vaste pelouse régulièrement tondue, c’est un fond vert sur lequel se détachent les silhouettes des pies, des tourterelles, des corneilles noires, des merles, des piverts, etc. Je les observais jour après jour, jusqu’à ce que je décide de prendre mon appareil photo pour tenter de les capturer, mais ce n’était pas chose facile. Mouvantes par nature, ces créatures sont si furtives qu’elles s’envolent souvent au moment où j’appuie sur le déclencheur. C’est peut-être pour cette raison que j’aime également photographier les arbres, car ils restent patients devant l’objectif. Mais malgré leur apparente immobilité, j’ai l’impression qu’eux aussi, d’une certaine façon, se dérobent à mon regard. »

Les photographies qui composent Dans les bleues lumières ont été réalisées avec l’ancienne technique du cyanotype, sur du papier non conventionnel. Les oiseaux, imprimés dans un petit format circulaire de 15 cm de diamètre, ont été réalisés sur du papier filtre normalement utilisé dans les laboratoires de chimie. Le résultat est un bleu de Prusse très saturé qui rappelle le ciel.

Les arbres, imprimés sur du papier aquarelle épais fait main, ont un aspect plus doux, presque opaque, accentué par un changement de couleur à l’aide de yerba mate, afin de les rapprocher de la terre. Le choix de ces papiers, qui ne correspondent pas aux standards du papier Fine Art, fait des imperfections et des défauts des éléments essentiels de la nature de l’œuvre.

Informations Pratiques :

  • Horaires : tous les jours de 9h30 à 16h30, entrée libre.
  • Exposition visible jusqu’au 31 janvier 2026.
  • Vernissage : le décembre, à 14h à l’Espace City’zen Paris.